Newsletter Hiver 2014

SENTIER D’ACTION EUROPE

Actualités hiver 2014-2015 en France

La soirée « Terres de yourtes » du 18 novembre a connu un grand succès, les invités ont pu apprécier une cuisine mongole préparée dans les règles de l’art par la brigade des élèves cuisiniers du lycée Hôtelier Baudimont ;

Si le sutai tsé – thé  légèrement salé et beurré, agrémenté de tsampa – offert à l’arrivée avec un gâteau mongol, a surpris, la présentation soignée des khushuurs et buzz de l’entrée, le kholkhok servi avec ses galets en plat de résistance et le dessert en verrines de fruits rouges, miel et chocolat, une idée des cuisiniers français, ont conquis les 70 convives.

On s’active dès l’après-midi
Les Douaisiennes et notre hôtesse devant les sets décorés d’un mandala
L’accueil

Les 2 salles de restaurant avaient été décorées pour la soirée des photos des expositions de 2015 et les tables dressées avec goût par Anne Jacquemaire, professeure d’arts plastiques. Le service fut à la hauteur et nous nous sommes donné rendez-vous pour d’autres soirées à thème et pour la Mongolie avec SUJE à l’année prochaine.

Nous remercions ici les participants arageois, mais aussi de Noeux, Lens, Douai, de Bordeaux et du Pérou! Un merci tout particulier à l’équipe des 21 élèves et 4 professeurs, dynamiques et professionnels et à Puje qui fut une hôtesse charmante.

Ce 18 novembre était le mardi de la semaine de la solidarité internationale et les associations arageoises se retrouvaient donc dès le samedi à l’hôtel de ville dans la superbe salle de réception pour essayer de mieux se faire connaitre des élus et de la population.

 

 

Journée de la solidarité internationale, ce samedi 22 novembre,, riche de rencontres, fut l’occasion de nouer une plus grande complicité avec les autres associations, représentations de grandes structures nationales ou beaucoup plus modestes comme SUJE. 

Le stand de SUJE
Notre coordonatrice avec le maire d’Arras

Visite des politiques, découverte des actions des autres associations et de nos problèmes communs, dont l’absence de subventions de notre ville, les difficultés pour mettre en place nos stands et la quasi absence de visiteurs suite à une information aléatoire malgré le syndicat d’initiative au rez-de-chaussée… l’expérience est fructueuse mais ne pourra être renouvelée que si ces conditions changent.

 

Les expositions photographiques se contruisent et les affiches sont sous presse grâce au Crédit Agricole du Nord de la France.

A Arras, au centre social Sud Torchy, les dates sont désormais fixées, ce sera du 14 au 24 janvier, exposition rythmée de 3 conférences : Le 14 à 16h30 le Dr Olivier Chiron nous fera une communication sur la vie himalayenne aujourd’hui, le 21 Come et Gerel, spécialistes de la vie nomade, nous présenteront leur diaporama sur la Mongolie et le 23 Corine Sombrun, écrivaine, nous fera un exposé sur le chamanisme.

A Bordeaux et Oulan Bator les choses avancent mais les échéances sont moins proches et les dates définitives restent à déterminer.

 

La boutique démarre et les articles des artisans mongols dont la vente doit contribuer à leur fournir un complément de revenus ont été reçus positivement, tout particulèrement les chaussons de feutre ; Ces ventes ont été faites lors du repas mongol du 18 novembre et auprès de relations personnelles mais la vente via notre site reste confidentielle, peut-être compte tenu des frais de port qui sont trop importants par rapport au prix de l’article lui-même.  Un débouché semble se dessiner auprès d’ « artisans du monde » d’Arras, rencontré lors de la journée internationale.

En tout état de cause cette activité doit rester marginale car elle demande du temps et les revenus engendrés, de l’ordre de 100€ en 2014, ne devront pas excéder un certain plafond compte tenu de notre statut d’association.

 

 

Blue Wolf Track ( khukh choniin muruur en mongol ), notre nouveau projet qu’on peut traduire en français «  sur les traces de Gengis Khan, le loup bleu », consiste dans la liaison en voiture entre Arras et Tsertseleg en avril, puis retour à l’automne. L’objectif est symbolique en cette année 2015 du cinquantenaire des relations diplomatiques franco-mongoles. Il permettra aussi de disposer d’un véhicule l’été sur place à moindre coût et de transporter des objets au profit des élèves du lycée de Tseserleg. Nous sommes aujourd’hui à la recherche de financements pour mener à bien ce projet.

Le voyage devrait durer une trentaine de jours, en évitant l’Ukraine.

 

En Mongolie Puje connait quelques difficultés à contacter les représentants de l’école mais les fêtes de fin d’année vont certainement permettre de reprendre contact à Oulan bator avec les familles en visite ; Nous avons besoin de connaitre la motivation réelle des habitants sur les projets que nous avions envisagés cet été afin de définir avec eux leurs priorités et prendre les mesures nécessaires en France et préparer la saison en Mongolie.

 

 

 

Merci de votre soutien passé et nous comptons sur vous pour l’avenir

René BURY

Président de Sentier d’Action Europe

Newsletter Automne 2014

SENTIER D’ACTION EUROPE

Missions STEPPE 2014 – Perspectives 2015

L’association arrageoise SUJE, Sentier d’Action Europe poursuit ses objectifs et continue de porter ses actions collaboratives au village de Tsetserleg, à 550 km d’Oulan Bator, la capitale de la Mongolie. Tous les acteurs de SUJE sont bénévoles et sa démarche est l’accompagnement de projets locaux à l’initiative des écoles ou des éleveurs. Puje a effectué une mission d’évaluation en février et nous sommes revenus en juin 2014 pour poursuivre nos actions.

De son côté la fondation mongole éponyme Sain Uilsyn Jim poursuit ses actions à Malchin, province d’ Uvs à l’extrême Nord Ouest mongol.

A Tsetserleg, Mongolie centre-ouest, nord de l’aimag d’Arkhangai,

En 2013 les actions ont été dirigées vers les éleveurs nomades, la formation de leurs enfants et la confortation de leur mode de vie et de leurs revenus.

Lors de sa mission de printemps, Puje n’a pu nouer les contacts nécessaires à des actions nouvelles performantes et son évaluation a conduit à ne pas renouveler en 2014 les enseignements en anglais devant l’incertitude de l’accueil sur place dans de bonnes conditions des volontaires.

La mission de cet été sur place avait par conséquence pour objectif premier d’évaluer les résultats des actions 2013 et de recréer des liens solides pour l’avenir, de recenser aussi d’éventuels nouveaux besoins.

Evaluation des résultats

Les nomades nous ont réservé un accueil chaleureux lors de la fête de la montagne et nous avons à cette occasion rencontré les parents des internes qui nous ont vivement remercié pour les couvertures et matelas ; L’attention que nous portons à leurs enfants les touchent profondément mais c’est la 1ère fois que cela était exprimé directement par eux car ils vivent dans la steppe et seule une fête a pu nous réunir.

Direction le départ
le champs de course de 17 km
le rush de l’arrivée

Le tracteur de Bayaraa est en panne suite à un problème de boite de vitesse mais la pièce a été commandée à Oulan Bator et la réparation devrait être effectuée avant la fenaison qui doit débuter le 15 août pour 3 semaines ; Juillet a été assez pluvieux mais si l’herbe est plus verte qu’en 2013, elle reste relativement courte du fait d’un mois de juin trop sec. Il nous a confirmé son engagement de mettre à disposition son tracteur pour l’école ou d’autres nomades en cas de besoin.

Des tests de maraîchage sont effectués actuellement près d’Oulan Bator ; Malgré des semis un peu tardifs, ils donnent aujourd’hui des résultats favorables, en pleine terre dans une orientation sud ou est avec protection du soleil l’après-midi. Aucun apport organique n’a été fait mais la production semble déjà prometteuse. L’expérience de Malchin de 2013 nous a aider à orienter ces tests.

René le président de Suje, le professeur de sport du lycée juge arbitre de la lutte, et un éleveur de Tuulant
Puje la coordinatrice de Suje, les parents d’élèves et les nomades lors de la signature des conventions pour les barattes

Nous n’avons enregistré aucun retour de 5 barattes et les éleveurs qui les utilisent gracieusement depuis 1 ou 2 ans commencent à nous les acheter, ce qui était prévu à la convention passée avec eux. Ils en sont satisfaits et une éleveuse en a parlé positivement lors d’une réunion tenue par Puje ( photo ) ; 6 nomades nous ont donc sollicité pour en obtenir et nous avons pu leur fournir 2 que nous avions avec nous et 4 autres leur seront envoyées fin juillet après achat par nos soins à Oulan Bator.

Concernant le jumelage des collèges, le professeur de sport nous a fait part de la déception des petits élèves, nous avons transmis au collège St Vincent d’Arras, car ils n’ont pas reçu de réponse suite à leur envoi de dessins au printemps ; Les maillots de St Vincent font le bonheur de l’équipe de volleyball de l’école. Il nous indique que les sports pratiqués sont essentiellement le volleyball, le basketball et la lutte mais qu’il souhaiterait être formé à l’athlétisme et le faire pratiquer à ses élèves. Le directeur a toujours des difficultés avec le maire mais devrait assurer son poste jusque la fin de l’année ; Nous pouvons compter sur son soutien actif jusque là.

Christèle, une des professeurs d’anglais de 2013, nous avait expédié un colis à destination des jeunes élèves de sa classe d’anglais ; Nous avons pu en informer certaines familles mais les cadeaux ( robes, Tshirts, crayons, casquettes, jeux, parfums etc… ) ont été remis en totalité au Directeur de l’école qui se chargera de les distribuer équitablement en fonction bien sur des indications données par Christèle dans la lettre qui accompagnait l’envoi. Christèle a obtenu son diplôme d’école de commerce et trouvé un emploi en Thaïlande ce qui lui permettra nous l’espérons de revenir nous voir.

 

 

Les demandes pour 2015

Vraisemblablement l’utilisation des barattes dans une nouvelle brigade, celle de Tuulant, va susciter de nombreuses demandes par capillarité ; Le coût d’achat est de 150 000 tugriks mais les prix des barattes importées de Russie ou de Chine vont augmenter du fait de la faiblesse de la monaie mongole.

Le Directeur du lycée est toujours favorable à la venue de professeurs d’anglais afin de poursuivre la démarche de 2013 et l’amplifier. Toujours à l’école, le professeur de sport souhaite bénéficier d’une formation à l’athlétisme afin d’introduire cette discipline dans ses cours ; Dans ce cadre, un mongol d’Erdenet, maître archer,  aimerait réintroduire la discipline traditionnelle du tir à l’arc qui est aujourd’hui abandonnée.

 

 

 

Compétition de tir à l’arc féminin lors du Nadam en juillet 2014 à Oulan Bator

Suje y est favorable et contactera la fédération française du Nord de la France pour tenter, pourquoi pas, d’introduire cette discipline à Arras et à Tsetserleg simultanément.

Deux groupe d’éleveurs sollicitent l’acquisition de tracteurs afin de cultiver ou de récolter du foin. Un premier groupe de 7 familles, une trentaine de personnes concernées qui possèdent un cheptel de 3500 animaux, souhaite utiliser le tracteur pour récolter les foins à partir du 15 août ; Leur motivation est liée à l’importance de leur troupeau de vaches qui sont incapables de se nourrir seules en cas de dzud. Le tracteur serait aussi utilisé en 2015 pour la mise en place de cultures maraichères et de pommes de terre, àvec l’aide de Suje, dans un rasha de 2500  m2 situé près du puit d’hiver.

L’éleveur et Puje en visite sur le site retenu, notamment du fait de la présence d’un puit pour l’irrigation indispensable

Le second groupe couvre une centaine de personnes et utiliserait le tracteur pour la production de fourrage comme cela se faisait du temps du régime communiste ; Cette expérience passée est un gage de la possibilité de produire à l’endroit indiqué par l’éleveur responsable Baina. Aujourd’hui le fourrage nécessaire à la nourriture des bêtes l’hiver est acheté au Khovsgol pour un prix de 3 500 tgrk la botte plus transport. Une suite favorable à ces demandes sera données en fonction de l’obtention par les éleveurs auprès de l’administration locale des droits d’utiliser les terrains pressentis et d’acquérir les bois nécessaires à la construction des rashas, de la possibilité par Suje d’acheter les tracteurs à un prix raisonnable ( aide de l’état mongol de 50% ).

 

Nous avons appris ici en juillet le soutien financier important de l’entreprise ARTECH, de Cepoy dans le Loiret, un grand merci à Jean-Claude et Claudine. Nous n’avons pas de subventions et seuls ces dons pourront nous permettre d’atteindre nos objectifs.

Le séjour de Puje et René en Mongolie doit se prolonger jusqu’en septembre ce qui va nous permettre d’évaluer plus complètement les acquis, notamment en matière de maraîchage et d’utilisation du tracteur ainsi que d’approfondir la faisabilité de nos actions en 2015 ; Notre séjour à Oulan Bator nous permet aussi de nouer des contacts constructifs avec d’autres organisations : Ambassade de France, Alliance Francaise, Action Contre la Faim mais aussi d’autres associations plus modestes qui oeuvrent dans les domaines importants de l’élevage, de la valorisation du feutre, de la construction etc…

En France va avoir lieu à l’automne une exposition photo « Regards croisés entre le Sikkim et la Mongolie » en relation avec l’association du Dr Olivier Chiron, spécialiste de l’Inde et du monde himalayen ; A Arras un repas-exposition aura lieu le 18 novembre 2014 avec le concours de l’école hôtelière et les photos seront présentées au centre social d’Arras Sud autour de cette date, dans la région bordelaise les dates ne sont pas encore fixées.

Une lettre d’information vous sera livrée à l’automne qui fera un point plus définitif sur nos actions à Tsetserleg, à Malchin et en France.

Synergies entre bénéficiaires

Newsletter Automne 2013

SENTIER D’ACTION EUROPE

Missions STEPPE 2013 – Perspectives 2014-2015

L’association arrageoise SUJE, Sentier d’Action Europe a pour objectif d’aider les nomades mongols à vivre mieux là où ils ont choisi de rester ; Créée il y a 3 ans, cet été 2013 l’association a porté ses actions sur le village de Tseserleg, à une journée de pistes d’Oulan Bator, la capitale de la Mongolie. Tous les acteurs de SUJE sont bénévoles et sa démarche est l’accompagnement de projets locaux à l’initiative des écoles, des municipalités ou des éleveurs. Elle fait appel à des volontaires français et s’appuie sur des donateurs privés. Grâce à son réseau de terrain, son président vit entre la France et la Mongolie, les actions sont ciblées sur des micro projets menés conjointement entre mongols et français. De son côté la fondation mongole éponyme Sain Uilsyn Jim poursuit ses actions à Malchin, province d’ Uvs à l’extrême Nord Ouest, en créant de nouvelles structures : Classe d’anglais, latrines pour les écoles, création d’une serre sur un terrain cultivé d’un hectare.

A Tseserleg, Mongolie centre-ouest, nord de l’aimag d’Arkhangai

En 2013 les actions ont été dirigées vers les éleveurs nomades, la formation de leurs enfants et la confortation de leur mode de vie et de leurs revenus.

Bayaraa, l’éleveur responsable pour 3 années du tracteur acquis en 2013 par SUJE, a effectué dès juin les essais en vue de la coupe du foin pour l’école et pour un groupe de nomades. En attendant la fenaison fin août, son fils teste la charrue et utilise le tracteur pour l’approvisionnement en eau des animaux et l’évacuation de leurs déchets. Les réserve de foin pour l’hiver doivent permettre de mieux faire face à un dzud, gel intense et durable, éventuel et participer ainsi au maintien des nomades dans leurs activités.

Le travail au jardin près de la serre

Les difficultés sont patentes quant à l’implication des acteurs locaux : Le directeur du collège et la professeure d’anglais restent attentistes, le premier n’apporte que peu d’aide dans la production des légumes et la seconde ne sait profiter de la présence des volontaires anglophone pour parfaire son anglais. Le maire de son côté n’intervient que son la pression de la présidente de la fondation.Le résultat est une rupture des approvisonnements en eau et une production plus modeste que prévue du fait du manque de jardiniers dans le champs. La fondation s’active fortement, par sa présidente et ses volontaires, mais son action reste encore en marge de la vie du village et les habitants, notamment les élèves, restent trop fréquemment en dehors de l’action.

 

Les investissements importants réalisés changent concrètement la donne pour le quotidien à Machin. Ce sont la classe d’anglais moderne et  à l’état neuf après 2 ans,

la serre qui est efficiente pour les semis et le champs bien cloturé qui produit une belle quantité de légumes,

les toilettes de la maternelle en travaux début août, aujourd’hui finies et qui vont apporter un réel confort pour les petits.

A court terme aussi les toilettes du collège, les puits à l’école et pour l’irrigation du champs.

Les enseignements

Les réalisations de la fondation permettent de tirer un bilan très positif pour les jeunes de Malchin, tant du point de vue de la santé que de la formation. Les structures mises en place ont aussi valeur d’exemple quant à leur qualité et durabilité. Ces réalisations sont une voie à suivre pour Tseserleg et pour les autres sites qui n’en disposent pas faute de subventions obtenues.

L’utilisation de ces outils n’est cependant pas aujourd’hui optimisée ; Si ces efforts doivent être poursuivis, il semble qu’une action de communication importante soit nécessaire pour obtenir une implication des mongols, aujourd’hui parfois trop passifs. Sur la base de l’expérience de SUJE à Tseserleg, il convient d’engager des actions avec les professeurs et les élèves, avec le maire et ses adjoints, afin que ceux-ci s’impliquent fortement, tout à leur bénéfice.

  • L’idée de donner en fermage à des familles des parcelles va dans ce sens car les familles produiront pour elles, avec l’appui de la fondation ; Les enfants seront mis à contribution et permettront de pérenniser la démarche. Il serait bon qu’un cinquième de leur production soit au bénéfice de l’école ou du collège afin de recréer des liens de solidarité.
  • Les professeurs d’anglais ne le parlent pas et ne sont donc pas en mesure d’enseigner correctement à leurs élèves. Là encore on peut s’inspirer de l’expérience de Tseserleg et proposer à nos volontaires une double activité, l’encadrement de la production agricole mais aussi une participation active à l’enseignement, en animant des cours de discussion en présence des professeurs mongols. Cette démarche permettra de décomplexer les professeurs et de créer un lien plus étroit entre la fondation et les autorités de Malchin, par le biais des enfants et donc des familles.

 

Notre mission à Uvs a nous a permis, sur la base de nos échanges au vu des réalisations, de me conforter dans la démarche d’une co-opération indispensable entre les acteurs locaux et Suje ou la fondation. Elle nous a ouvert les yeux sur la nécessité aussi d’agir de façon concertée mais en toute indépendance et de façon très volontaire pour créer les stuctures nécessaires à l’action.

Une autre obligation au succès est de mettre l’accent sur l’expertise apportée mais aussi la sensibilisation et la formation des mongols à la bonne utilisation des équipements ( eau, toilette, internet ) et au juste emploi des compétences ( volontaires agronomes, anglophones, experts de l’eau ou en construction ), en amont ou en cours des projets.

Newsletter Printemps 2010

La neige a laissé place aux inondations sur la piste en terre de l’aérodrome d’Ulaangom, à 90 km de Malchin soum. Nous sommes fin mars. Naraa attend toujours de pouvoir rejoindre son village pour effectuer sa première mission. Les mêmes conditions climatiques ont retardé l’arrivée des camions d’aliments pour animaux en provenance de la République Touva. Une fenêtre météo s’installe qui lui permet d’atteindre la province d’Uvs à 1300 km d’Oulan-Bator. 

Mais ce n’est finalement qu’au petit matin du 6 avril que les 26 tonnes de granulés achetés par la Fondation entrent dans la ville sous les yeux rassurés de Naraa.

Grâce aux dons recueillis, Naraa a pu remplir les objectifs que la Fondation s’était fixée :
1. Fournir une aide d’urgence aux familles en nourrissant leur bétail.
2. Faire une évaluation des besoins qui devront permettre d’assurer la pérennité du village.
Laissons parler les images… … …

Compte rendu de la mission d’avril :

« À mon arrivée, Ulaangom est encore sous un épais manteau neigeux. Seule la piste est dégelée. Top !


Les camions touvas n’étant pas encore arrivés, je décide de partir à Malchin sum évaluer la situation et rencontrer quelques nomades. Nous reviendrons le lendemain avec toute l’équipe dans la Jeep UAZ de Khalzaa… Soit 11 personnes !

 

Je savais que j’allais rencontrer des gens particulièrement fatigués et déprimés. En sortant de la yourte d’un éleveur, je posai la question à un ami pour savoir si cet homme avait récemment perdu quelqu’un de sa famille. Il était si triste ! 

Mon ami me rétorqua :

 

Naraa , il vient juste de passer l’hiver. C’est comme ça pour tout le monde à la fin de cette saison.
N’imagine pas chaque fois une chose pareille!

Je voyais dans son regard que ma question était décalée…

Les moutons survivants peinent à trouver de l’herbe sous la neige encore gelée.

 

Ce nomade est fier d’avoir su sauver une partie
de son cheptel mais il est inquiet pour l’avenir
de sa famille car son troupeau est décimé par le
terrible Dzud de cet hiver. »

« Comme nous, les chauffeurs
touvas ont roulé toute la nuit pour nous retrouver dès l’aube à Ulaangom. Khalzaa fait le point sur les premières livraisons à effectuer sur le trajet de retour.
Le sum est très étendu.

La fondation a acheté 652 sacs et mon frère a réussi à
avoir ½ sac par famille auprès de l’Agence Nationale des
Situations d’Urgence qui gère ce dzud dans toute la
Mongolie. Ainsi chaque famille recevra un sac et demi en
combinant les efforts.

Les compléments alimentaires sont devenus rares à Ulaangom. Le prix d’un sac s’élève maintenant à 17 000 Tugriks. Je vis alors quelques nomades venir récupérer leurs sacs pour seulement 3000 ₮ chacun puisque nous avions décidé de demander à chaque famille cette somme symbolique. Ils regardaient leurs sacs avec une certaine incrédulité, tournant autour de cette précieuse manne. Ils avaient certainement l’impression d’avoir fait
« l’affaire du siècle » en ce temps de crise. »

Sans avoir eu besoin de leur réclamer des mots de reconnaissance sur ce qu’ils éprouvaient, j’eus la réelle impression d’avoir fait quelque chose de bien, au bon moment, en ciblant le besoin exact.
Mon frère avait eu raison de vouloir faire ce geste pour tout le monde sans distinction dans leurs pertes puisque chacun avait traversé cet hiver si dur.

 

Nous étions nombreux pour l’organisation du chargement de nos camions. J’étais heureuse de vivre ces moments avec mes villageois. C’était comme une fête. »

 

Khalzaa réunit les gens venus de son village – chefs de bags , gardiens -pour convoyer la nourriture du bétail.

La piste sera difficile et les chauffeurs doivent pouvoir se relayer et s’épauler car les pièges ne manquent pas lors de la débâcle au passage des rivières.

 

La Présidente de la Fondation invite toute l’équipe dans une cantine en attendant la nuit.

 

C’est à ce moment, lorsque les pistes défoncées regèlent qu’il faut partir. « Nous avions trois camions : deux pour la Fondation et l’autre pour l’Agence des Situations d’Urgence.
Certains mettront plus de 16 heures pour regagner Malchin. »

Khalzaa fait un discours pour parler de cette aide qui arrive d’Europe et sur les actions que la Fondation prévoit de mener. En bon Mongol, il est visiblement ému :

« Des gens qui ne vous connaissent pas ont constitué cette aide précieuse qui arrive à temps. Cette chaine de solidarité qui vient de si loin doit continuer.
Alors, participez vous aussi à ce mouvement en donnant un coup de main à vos voisins.
La période du changement de campement arrive malgré la rigueur climatique de ces derniers jours. Tous les nomades qui vont descendre dans la plaine n’auront rien pour faire du feu. Alors je vous demande de préparer un sac de bois pour que nous puissions leur donner lors de leur passage au village. Ainsi, ils pourront se chauffer pendant le temps de leur installation. Ce sera un geste très apprécié et notre seul moyen de remercier nos amis français».

Darisuren, la trésorière qui s’occupe du registre d’attribution des compléments alimentaires, a fait signer tout le monde. 430 sacs ont réussi à être distribués en une journée et demie. Les gens du village semblent s’unir pour pouvoir répartir tout le plus vite possible.

Le vent a créé d’énormes congères aux abords des campements et la neige s’est engouffrée à l’intérieur même des abris.
Les risques sanitaires sont grands au moment du dégel. Certaines organisations internationales vont détruire ces carcasses.

Les premiers éleveurs rentrent au camp avec leur précieux chargement.

Les agneaux profitent de la chaleur de la yourte au cours de l’hiver.

« Au deuxième jour de notre retour à Malchin, je partis avec trois copains de classe pour voir une amie commune qui supporte une vie difficile, veuve avec 5 enfants. Aller la voir était l’un des objectifs de ma mission.
J’avais acheté des vêtements pour ses enfants sur le marché d’Oulan-Bator. Et puis de la nourriture dans mon village : farine, sucre, jus de fruit concentré, lessive, torchons, thé, bougies, allumettes et biscuits.

Tout le monde me disait que la piste était impraticable après le col et qu’il fallait marcher dans la neige 5 km aller et retour.
En tant que grande  » trekkeuse  » aux courtes pattes, j’ai insisté pour y aller.
C’était une journée ensoleillée. Nous en avons profité pour distribuer quelques sacs en route. En fin d’après midi, nous avons laissé la jeep sur une colline. Mes trois copains prirent la nourriture et nous avons dû marcher une heure pour arriver à la yourte de Naraa. L’un d’entre nous a couru pour nous annoncer.

 

En entrant, je me suis trouvée face à notre Naraa. Cela
faisait 16 ans que je ne l’avais pas revue. Ces années l’ont
usée comme je n’aurais jamais imaginé. Elle était très
touchée par notre arrivée au point de ne pas parler pendant plus de 10 minutes. Elle faisait du feu et préparait du thé sans rien dire. Je regardais tout en détail.
Elle est pauvre et fatiguée, déprimée peut-être, mais cette
femme n’a pas perdu le sens de la propreté. J’étais très
émue de voir tout cela.

Elle a 5 enfants et change chaque année de patron. Elle fait vivre sa famille en s’occupant du bétail
des autres. Je craignais que ses employeurs ne la respectent pas. Je suis allée les voir. J’étais la plus heureuse de cette vallée. Elle était bien épaulée.
Nous sommes restées ensemble pendant trois heures. Mes compagnons de voyage nous ont laissé parler. »

« Et puis nous sommes partis comme nous étions venus. Elle nous a accompagnés jusqu’à notre jeep.
Elle avait des larmes lorsque je la pris dans mes bras. Je voyais dans son regard une question évidente à mes yeux : Pendant tous ses années, pourquoi tu n’es pas venue et pourquoi maintenant ?

Une heure après notre départ, nous étions engouffrés dans une tonne de neige. Jusqu’à 3 heures du matin, mes amis ont creusé la neige.
J’avais peur d’arriver auprès de mes trois gars sans un seul de mes doigts. Mes copains n’étaient pas aussi conscients de la gravité de la chose. Moi, j’ai eu une peur bleue car il n’y avait aucune famille autour de nous. La tombée de la nuit n’arrangeait rien. Il faisait – 25°. Le matin, très tôt, nous sommes montés au sommet d’une colline pour pouvoir appeler mon frère par téléphone.
Deux heures après, ils vinrent nous sortir de la neige. Je me suis rendue compte que tout le village avait appris à
nager dans une sorte de fatalisme. Tous les 3 étaient partis en casquette. J’étais tellement impressionnée que j’ai touché leurs oreilles pour voir comment elles étaient devenues.

 

Je repensais à mon amie. Elle envoie 3 de ses 5 enfants à l’école pour qu’ils ne se retrouvent pas tous dans sa situation.
Je lui avais demandé de quoi elle avait le plus besoin. Elle était très touchée par notre arrivée mais ne se sentait pas mériter de recevoir autant d’aide.

 

Pour cette fois, la Fondation a fourni une aide alimentaire, des vêtements pour sa famille et le remboursement de sa dette dans une boutique du village (200 000 ₮).
Au retour dans le village, nous sommes allés voir ses enfants pour les saluer. J’ai demandé à une amie responsable des classes maternelles de particulièrement
veiller sur la petite fille de Naraa. »

 

« Je repars en laissant derrière moi un paysage encore plus blanc.

Il neige et il y a du vent. Heureuse de rentrer, mais je sens que le printemps n’est pas prêt d’arriver.

Vous voyez ces deux hommes en salutation traditionnelle. Normalement, les expressions changent à l’arrivée du printemps.

 » Avez-vous passé un bon hiver ? Est-ce que le bétail a franchi l’hiver en s’engraissant ? « .

 C’est ainsi que les gens se saluaient. Mais ils parlent aujourd’hui de la difficulté de se saluer comme avant. Comme si rien ne s’était passé.

Ces troupeaux de moutons devront attendre encore 2 longs mois avant de retrouver de l’herbe fraiche, comme pour les chèvres. La hausse récente du cours de la laine de cachemire donne aux éleveurs l’espoir de revenus suffisants pour participer eux-mêmes à l’achat de nouveaux animaux cet été.

« La femme à ma gauche sera notre appui sur tout ce qui concerne l’éducation. « Je pris l’avion dans un état comblé, car habitée par l’énergie débordante de pouvoir faire des choses pour ce village. Cette première action nous a ouvert une porte. Et c’est grâce à vous. Nous soulèverons les montagnes par notre force commune. »
Je ne vous remercierai jamais assez, car sans vous je n’aurais jamais su explorer ce sentier qui est le notre. Merci. Merci d’être là !

SENTIER D'ACTION EUROPE ( S.U.J.E. ) Association à but non lucratif ( Loi 1901 )
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